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Actualité des sapeurs-pompiers

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Genève : Les incendiaires frappent à nouveau dans la ville

Proposé par : admin Le 26/09/2004 à 22:10

118 ExpressDeux nouveaux véhicules ont été incendiés sur le quai Ernest-Ansermet.
De sa fenêtre du onzième étage, Monsieur André a tout vu. Une explosion sourde, suivie d'une seconde, le réveille à 3 h 30 du matin. Deux voitures garées en épi, juste en face de l'immeuble situé au 36, quai Ernest-Ansermet, commencent à brûler.


Lorsque les pompiers arrivent sur les lieux, des flammes de 6 mètres de haut lèchent les feuilles du platane. «Ils ont dû arroser les branches, malgré la pluie qui tombait dru», raconte ce locataire, les yeux fatigués. Sa voisine du sixième confirme la violence de l'incendie: «Un vrai brasier, c'était impressionnant.»

 


Quatorze voitures détruites

Les hommes du SIS - huit hommes et deux véhicules - n'ont pu que contenir le sinistre. Quelques minutes après le départ du feu, la Renault Espace et la Citroën Xara n'étaient plus qu'une carcasse fumante, promise au cimetière à voitures incendiées. La liste commence à s'allonger. Depuis le 10 septembre, il s'agit de la quatorzième voiture détruite par une main criminelle.

Le ou les incendiaires semblent affectionner le quartier de la Jonction. Sur ce même quai Ernest-Ansermet, cinq voitures, regardant elles aussi l'Arve, partent en fumée dans la nuit du 12 au 13 septembre. La longue artère au bord de l'eau permet, il est vrai, toutes sortes d'échappatoires, à pied ou à vélo. Le chemin piétonnier qui jouxte les berges assure une fuite idéale. Ce chemin, Madame Bächler et son chien Boby ne le fréquentent plus que durant la journée: «Les éclairages nocturnes sont inexistants, déclare-t-elle. Ils favorisent les mauvaises rencontres. J'habite l'endroit depuis le début des années 60; il est devenu dangereux.»

Un sentiment d'insécurité partagé par la plupart des habitants qui réclament, en chœur, la pose de lampadaires supplémentaires pour continuer à sortir le soir, en profitant du bord de la rivière. A l'autre bout de la ville, du côté des Eaux-Vives, on réclame la même chose.

Les esprits s'impatientent

Mais, pour l'heure, à l'entame d'un nouveau week-end plein d'incertitude sur le front des quatre-roues vandalisées, tous les regards s'orientent vers la police (lire ci-dessous) .

Les esprits s'impatientent. «Ils sont plus prompts à coller des contraventions sur les véhicules stationnés le? long du quai qu'à veiller à leur sécurité une fois la nuit tombée», vitupère ce père de famille qui n'en finit pas de tourner chaque soir pour trouver une place parmi les rares qui restent inoccupées.

«Des centaines de voitures dorment ici à la semaine», renchérit ce conducteur poursuivi par la chance. Par deux fois, son 4x4 était parqué en face de l'endroit où l'incendie a pris. «Jeudi, vers minuit, j'ai renoncé à me garer sous les arbres pour éviter les fientes d'oiseau.»

La carrosserie de sa Nissan brille à un jet de verre brisé de la Renault Espace. A l'évidence, les vandales préfèrent s'attaquer aux véhicules sans alarme. Quinze jours et quinze nuits après leur premier forfait, ils courent toujours, à des heures où les rues sont suffisamment désertes pour encourager cette sorte de pyromanie urbaine et inquiétante.


Micheline Spoerri demande des peines exemplaires

La police enquête sur deux pistes: pyromane et bande organisée.


Micheline Spoerri, Genève vient de connaître deux nouveaux cas de voitures incendiées dans la nuit de jeudi à vendredi. Est-ce que cette situation vous inquiète?

- Oui, cela m'inquiète, et je ne peux pas admettre que le problème du vandalisme par l'incendie s'installe à Genève. Cela ne veut pas dire que j'accepte implicitement que les autres types de vandalisme s'installent, mais je suis fermement déterminée à ce que l'on éradique ce problème d'incendies.

 

Principalement parce que ce type de délit est quelque chose qui terrorise les gens.

Outre les mesures prises dès les premiers incendies relevés à Genève, à savoir la mise sur pied d'un groupe d'enquêteurs composé d'experts de la police judiciaire et de la police scientifique, j'appelle aujourd'hui la justice. Ce que je n'ai encore jamais fait puisque j'observe la stricte séparation des pouvoirs. Oui, j'appelle la justice à démontrer la plus grande sévérité vis-à-vis de ces actes. Je ne peux pas imaginer une seconde que cela puisse devenir une tradition comme à Strasbourg ou ailleurs. Je me suis entretenue avec le procureur général, et, comme moi, il est extrêmement soucieux de cette situation. Cela relève du terrorisme. D'ailleurs, les incendies intentionnels sont punissables selon les dispositions du Code pénal, l'article 221 prévoit la réclusion, à savoir la plus grave des peines privatives de liberté. Et j'entends bien que la justice applique la plus grande rigueur dans l'application des peines prévues par le Code pénal suisse.

Où en est l'enquête?

- On a actuellement deux pistes qui sont coexistantes, celle du pyromane classique, mais aussi celle d'une bande plus organisée, c'est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés, puisque nous avons constaté qu'il y a deux mises à feu différentes. On a donc probablement deux profils qui travaillent en même temps. La police se charge d'enquêter, mais aussi de surveiller.

Malheureusement, nous n'aurons jamais assez d'effectifs pour mettre un policier derrière chaque voiture, Genève compte une voiture et demie par habitant. C'est pour cela que je prône des peines sévères. L'exemplarité et la dissuasion seront les moyens pour mettre un terme à ces délits.

Dans le quartier de la Jonction, les riverains n'osent plus se promener le soir au bord de l'Arve, ils se plaignent notamment du mauvais éclairage dans le quartier. Ces craintes sont réelles, et comment comptez-vous y répondre?

- Au début du mois d'octobre,
je compte interpeller la Ville de Genève publiquement à propos de l'éclairage, de la voirie et de la contribution des agents de sécurité municipaux, qui sont censés surveiller ces espaces, ces zones qui bordent l'Arve, par exemple.

Il faut que les Genevois se réapproprient la voie publique, il faut le concours évidemment de la police, mais il faut aussi que tout ce qui est à même d'améliorer l'environnement, et notamment la nuit, soit fait par les gens responsables, et dans le cas particulier la Ville de Genève.

Emmanuelle Drevon


Sécurité routière: la méthode Sarkozy


La lutte contre les incendiaires n'est pas le seul cheval de bataille de Micheline Spoerri. La cheffe du Département de justice, police et sécurité s'est
également donné comme objectif de faire revenir la sécurité sur les routes.

Elle compte mettre à profit sa participation, le 30 août dernier, à la 1re Université européenne d'été de la sécurité routière pour intensifier les mesures de répression à l'égard des chauffards. «J'approuve l'action musclée de l'ancien ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. A Genève, les rodéos sur les quais de Cologny sont inadmissibles, certains ont perdu le sens du respect de la vie humaine.»

Le Département pourrait organiser prochainement des Etats généraux de la sécurité routière.
Em. D.

 

THIERRY MERTENAT
Publié le 25 septembre 2004 - TDG

Genève : Les incendiaires frappent à nouveau dans la ville

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