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Actualité des sapeurs-pompiers

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Montreux (VD) : Le feu couve chez les pompiers, le commandant rend ses galons

Proposé par : admin Le 25/06/2006 à 12:17

SuisseLa Commission du Conseil communal ne veut pas de pompiers permanents. Devançant la décision définitive, le commandant François Grand préfère jeter l'éponge.


Professionnel ou pas professionnel: telle est la question. Pour la réponse... attention sujet sensible! La très helvétique valeur de «milice» aurait-elle vécu lorsqu'on parle service du feu dans une ville? En tout cas pas pour les hommes de terrain.

En revanche pour leur commandement, la notion de «permanent» a déjà passé la rampe à Yverdon, Morges, Vevey et Nyon. Payerne y travaille alors qu'à Montreux, la question est sur la table. Après deux ans de cogitations et de tour d'horizon, le Conseil communal est saisi d'une réorganisation du SDIS-Service de défense contre l'incendie sur laquelle il doit se prononcer mercredi. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le sujet est vite devenu brûlant.

A tel point que sentant l'incompatibilité de points de vue se profiler, François Grand, à la tête des pompiers montreusiens depuis 2002, a préféré rendre son commandement pour le 31 décembre (lire ci-dessus). Une annonce faite aux élus avant qu'ils ne se déterminent sur la création de 3,3 postes de pompiers permanents dont celui de commandant pour un taux d'occupation à 70%. Ainsi conçue, cette colonne vertébrale devrait permettre de délester des tâches administratives et d'entretien les sapeurs. Les laissant tout à leurs missions de base, soit l'intervention et la prévention sans oublier les nombreuses heures consacrées à la formation.

C'est non, mais le revirement est possible

Chargée d'étudier ces propositions, la Commission du Conseil communal, n'en veut pas. Et si elle recommande aux membres du législatif d'accorder les 790 000 francs nécessaires à la transformation des locaux de la caserne de la Corsaz, elle les enjoint (à 4 contre 3 pour 3 abstentions) de ne pas prendre acte de la réorganisation du SDIS. L'argument principal étant… «Le chef dans un corps de milice, pour en conserver l'esprit, doit être milicien.»

Si François Grand n'est pas homme à revenir sur sa décision, le sort de la réorganisation de son service n'est pas pour autant scellé. Mercredi, le législatif peut toujours décider de ne pas suivre l'avis de la Commission. Espoir que conserve Alain Feissli, le municipal en charge du dossier. «Entre ceux qui sont opposés aux permanents et ceux qui y souscrivent mais pas pour ce qui est du poste de commandant: deux visions s'affrontent.

»J'espère que la majorité trouvera une ligne médiane. Car quoi qu'il arrive, il faut faire quelque chose, la charge étant devenue inacceptable pour bon nombre de miliciens.» Et faire fi des résistances par trop conservatrices? En guise de réponse, le municipal laisse échapper un soupir qui en dit long.

«C'est dur de quitter ce qu'on aime»

Près de trente ans au feu dont cinq ans à la tête du corps Montreux-Veytaux et au bout du compte une des décisions les plus difficiles à prendre! Pourtant François Grand n'a pas hésité longtemps avant d'envoyer sa démission à la Municipalité de Montreux. Après deux des trois séances de la Commission du Conseil communal saisie de la réorganisation du SDIS, il a pris la plume. Souhaitant que «sa démission permette aux membres de la commission de poursuivre leurs travaux avec une sérénité et une objectivité retrouvées.»

Les choses sont-elles allées si loin?

Mes motivations sont de plusieurs ordres, la famille et l'environnement professionnel mais aussi l'ambiance qui s'est dégradée au sein de l'Etat-Major des sapeurs montreusiens. Le climat n'étant pas meilleur lorsque j'ai suivi les travaux de la Commission du Conseil communal, j'ai compris ce qu'il me restait à faire. Croyez-moi, quand on est pompier par passion, c'est très dur de prendre la plume. Et... non, ma réaction n'est pas celle d'un enfant à qui on aurait brisé le jouet! Mais lorsqu'on n'est pas reconnu par des gens qui ont été élus par le peuple...

Ce qui, semble-t-il, a été reproché à cette réorganisation, c'est d'avoir été faite sur mesure pour vous?

A taille égale, nous sommes le dernier corps du canton à ne pas avoir franchi le pas. Or aujourd'hui avec un taux de rotation très important parmi les sapeurs, un commandant permanent, c'est aussi un garant du savoir. Et un coordinateur, la milice restant l'élément central, c'est elle qui pilote les interventions. Sur le modèle de la Protection civile. Je croyais donc à cette réorganisation par conviction mais en tant qu'indépendant il est clair que je devais aussi faire un choix professionnel. Abandonner à 70% l'entreprise que j'ai créée et que je mène mérite compensation.

Cette modernisation à la base structurelle s'est-elle retrouvée politisée?

Difficile à dire mais j'ai effectivement senti que la droite faisait bloc à son encontre. Pour ma part, il était donc inutile de m'accrocher à ce poste.

Source : 24 Heures - FLORENCE MILLIOUD HENRIQUES

Montreux (VD) : Le feu couve chez les pompiers, le commandant rend ses galons

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